La vérité
sur les régimes publics d'assurance automobile
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MYTHE Nº 1 : Un régime public d'assurance « appartiendrait
aux conducteurs ». 
FAIT : On entend souvent dire qu'un
régime public d'assurance « appartient aux conducteurs
». Une société d'assurance qui appartiendrait de
plein droit aux conducteurs vendrait des actions, organiserait des élections
libres pour la composition de son conseil d'administration et tiendrait
des assemblées annuelles. Ce n'est pas le cas des régimes
d'assurance automobile « appartenant aux conducteurs » actuels
de la Colombie-Britannique, du Manitoba et de la Saskatchewan.
Il existe déjà des sociétés d'assurance
automobile appartenant véritablement aux conducteurs dans le
secteur privé. Les sociétés mutuelles d'assurance
appartiennent à leurs titulaires de police. Si, au terme d'un
exercice financier, la société mutuelle déclare
un bénéfice, ce bénéfice est partagé
entre les titulaires de police. Inversement, si une mutuelle d'assurance
déclare une perte, un mécanisme est prévu pour
prélever une cotisation auprès de tous les titulaires
de police afin de combler ce déficit.
MYTHE nº 2 : Les conducteurs bénéficient de tarifs
plus faibles dans le cadre d'un régime d'assurance automobile public.

FAIT : Les assureurs automobile doivent
observer un cadre législatif très rigoureux. Pour cette
raison, les régimes d'assurance coûtent ce qu'ils coûtent,
qu'ils appartiennent au secteur public ou au secteur privé.
Comme les lois varient selon les régions, les comparaisons ne
tiennent pas la route; on ne peut comparer le régime d'assurance
sans égard à la faute du Manitoba, par exemple, au régime
de responsabilité délictuelle qui serait mis en place
au Nouveau-Brunswick par le gouvernement.
Les primes du Nouveau-Brunswick sont concurrentielles par rapport à
celles qui sont exigées dans les Prairies. Cependant, quand on
examine ce que les consommateurs obtiennent en échange de ces
primes, on se rend compte que les Néo-Brunswickois sont mieux
protégés et bénéficient d'avantages supérieurs
et d'indemnités plus élevées.
Les régimes publics modifient également l'aménagement
des territoires utilisés aux fins de la tarification d'assurance
comme moyen d'accroître les tarifs payés par les consommateurs
sans avoir à demander une augmentation de tarif. Au cours des
dernières années, l'aménagement de ces territoires
a été modifié fréquemment en Colombie-Britannique.
En novembre 2002, l'ICBC a apporté un certain nombre de modifications
radicales à son aménagement tarifaire territorial, et
cela unilatéralement, en transférant des milliers d'automobilistes
dans des territoires à tarif élevé. Ces modifications
ont entraîné une hausse vertigineuse des tarifs des automobilistes,
jusqu'à 30 % dans certains cas. Voilà le genre de hausses
de tarifs détournées imposées au public par les
régimes d'assurance d'État dont les hausses de tarifs
« transparentes » ont été plafonnées
ou limitées par des règlements ou par des promesses électorales.
MYTHE nº 3 : Les régimes publics d'assurance automobile
procurent des indemnités plus généreuses aux consommateurs.

FAIT : Dans tous les cas, les indemnités
versées par les assureurs privés sont plus élevées
que celles qui sont offertes par les régimes publics d'assurance.
Par exemple, dans le cas du régime sans égard à
la faute du Manitoba, une victime d'accident qui subit des blessures
graves n'a aucunement le droit d'entamer des poursuites pour pertes
financières – y compris pour perte de salaires futurs –
excédant le barème de versements prescrit.
MYTHE nº 4 : Les régimes publics d'assurance sont administrés
plus efficacement. Leurs frais d'exploitation sont plus faibles. 
FAIT : En fait, les régimes
publics d'assurance ne permettent aucune économie d'échelle.
Dans sa déclaration justificative de revenus de 2006 (document
révisé du 27 janvier 2006), l'ICBC indique que «
l'ICBC est parvenue à réduire ses frais d'exploitation
en éliminant des coûts et en DIFFÉRANT [majuscules
ajoutées par l'auteur] les dépenses liées à
l'entretien, aux installations et à l'infrastructure technologique
ainsi qu'aux investissements dans les ressources humaines. » L'argument
relatif aux « économies d'échelle » dénature
le fait que l'ICBC diffère simplement certaines dépenses
alors que les assureurs privés s'efforcent de servir sans relâche
les consommateurs en investissant dans la technologie et les ressources
humaines. De plus, il est indiqué dans la déclaration
de l'ICBC que « les réductions de coût pratiquées
par l'ICBC ne sont PAS [majuscules ajoutées par l'auteur] viables….l'ICBC
fait face à des tensions inflationnistes et doit en outre accroître
ses dépenses afin de régler les frais différés
au cours des dernières années. »
Le ratio d'exploitation déclaré de l'ICBC comprend les
commissions et les impôts/taxes, mais exclus les frais généraux
liés aux réclamations. À l'opposé, le ratio
d'exploitation déclaré par l'industrie privée de
l'assurance automobile comprend tous ces frais.
Si on tient compte de ces différences au chapitre des éléments
déclarés, le montant des dépenses de l'industrie
privée se compare très avantageusement à celui
de l'ICBC et, dans les cas où il est plus élevé,
cet écart est attribuable en quasi totalité :
- au statut de société d'État de l'ICBC –
elle ne paie pas d'impôts sur le revenu;
- aux modifications comptables apportées par l'ICBC pour transférer
des éléments du poste de dépenses au poste des
réclamations; et
- aux taux de commission inférieurs que l'ICBC peut se permettre
de consentir aux courtiers du fait qu'elle détient le monopole
d'une assurance automobile obligatoire.
MYTHE nº 5 : Les assureurs privés sont des investisseurs
à risque qui font payer aux consommateurs leurs mauvais investissements.

FAIT : Les assureurs privés
comptent parmi les plus habiles et les plus prudents investisseurs du
pays. En fait, les organismes de réglementation les obligent
à investir prudemment. En 2004, les assureurs privés ont
investi 79 % de leur portefeuille dans des obligations, dont plus de
deux tiers dans des obligations d'État. En comparaison, ce pourcentage
est de 65 % dans le cas de l'ICBC, de 78 % de la SAPM et de 65 % de
la SGI.
Les assureurs privés de partout au pays ont investi près
de 13 milliards de dollars dans les obligations provinciales et municipales
en 2004. Au Nouveau-Brunswick seulement, ces types de placement
représentaient une valeur de 620 millions de dollars.
De plus, les assureurs privés sont tenus de maintenir des capitaux
s'ils investissent dans des éléments d'actif risqués,
alors que les régimes d'assurance publics ne le sont pas. Dans
son rapport annuel de 2003, l'ICBC a déclaré une réduction
de valeur de 141 millions de dollars attribuable au vieillissement d'un
centre commercial et d'une tour à bureau. Ce n'est là
qu'un exemple de ses résultats de placement discutables.
MYTHE nº 6 : Les régimes publics d'assurance permettent
de mieux contrôler les coûts liés aux réclamations.

FAIT : Jusqu'ici, aucun régime
public d'assurance n'est parvenu à contrôler les coûts
liés aux réclamations. En fait, ces régimes ont
eu recours à des hausses de prime et de franchise, ont modifié
l'aménagement des territoires tarifaires et ont apporté
de nombreuses modifications aux produits, comme par exemple l'assurance
sans égard à la faute, à une fréquence beaucoup
plus grande que les assureurs privés.
En 2004, la croissance relativement faible déclarée par
l'ICBC au chapitre des réclamations (3,2 %) est attribuable à
l'augmentation des franchises qui a permis d'éliminer quelque
60 000 réclamations du régime, selon les estimations.
Cette mesure a eu pour effet de transférer efficacement 160 millions
de dollars en coûts de réparation du régime public
d'assurance aux consommateurs. Et cela, en plus d'une hausse de tarif.
De plus, selon les résultats de fin d'exercice 2005 de l'ICBC,
affichés sur le site Web de cette dernière, les coûts
liés aux réclamations de la société d'État
pour les neuf premiers mois étaient en hausse de 11,5 % par rapport
à la même période de l'exercice précédent.
En conséquence, l'ICBC a déposé une demande de
hausse de tarif de 6,5 % en 2006 afin de « gérer »
la tendance observée au chapitre des réclamations. Par
comparaison, les réclamations présentées auprès
des assureurs privés ont progressé de seulement 0,2 %
entre 2004 et 2005, selon le site Web du BSIF. À la lumière
de ces données, comment pourrait-on affirmer qu'un régime
public d'assurance permet de mieux contrôler les coûts?
MYTHE Nº 7 : Les consommateurs des régimes publics d'assurance
paient les tarifs les plus équitables. Les régimes publics
d'assurance.éliminent la tarification fondée sur des facteurs
« discriminatoires » tels que l'âge, le sexe et l'état
matrimonial, que de nombreux assureurs privés font intervenir dans
leur système de tarification fondée sur le risque. 
FAIT : L'élimination de l'âge,
du sexe et de l'état matrimonial comme facteurs de tarification
donne lieu à un nouveau type de discrimination contre les conducteurs
plus âgés et plus prudents et subventionne les conducteurs
plus jeunes et présentant un risque plus élevé.
De plus, les régimes publics d'assurance trouvent d'autres moyens
d'établir la tarification en fonction de ces risques. Le programme
RoadStar de l'ICBC n'est qu'un exemple de la façon dont un régime
public d'assurance instaure de façon détournée
une tarification fondée sur l'âge. Un conducteur qui obtient
son permis à l'âge de 16 ans n'a pas droit au rabais avant
l'âge de 25 ans. Comme par hasard, 25 ans est l'âge qu'utilisent
les tarificateurs qui tiennent compte du risque (assureurs privés)
pour désigner les conducteurs prudents. Et ce n'est pas tout!
Un conducteur doit être âgé d'au moins 34 ans pour
être admissible aux meilleurs tarifs absolus de l'ICBC. L'ICBC
tente de faire payer des primes plus élevées aux conducteurs
présentant un risque plus élevé. Au cours des dernières
années, l'ICBC a également déclaré qu'elle
avait besoin d'une « tarification appropriée » pour
s'assurer que les clients paient les primes qui s'imposent compte tenu
du risque qu'ils représentent.
MYTHE nº 8 : Il est possible de mettre en place un régime
public d'assurance avec deux millions de dollars. Les contribuables n'auront
rien à payer. Le régime sera financé par les conducteurs.

FAIT : Dans son rapport de 2004, le
Comité spécial de l'assurance automobile publique du Nouveau-Brunswick
a recommandé que la province adopte un régime public d'assurance
calqué sur celui du Manitoba. KPMG, firme d'actuaires indépendante
mandatée pour évaluer les suppositions du comité,
a déterminé que le coût d'établissement d'un
régime public d'assurance excéderait les avantages revendiqués.
Au mieux, le coût d'un tel régime pour les contribuables
égalerait le coût des frais d'exploitation (p. ex., occupation,
publicité, mobilier et matériel et frais généraux
du siège social), des frais d'acquisition des locaux à
bureaux et de la perte des taxes sur les assurances et des impôts
santé que le gouvernement doit récupérer ailleurs.
Au Nouveau-Brunswick, ces coûts et pertes de taxes et d'impôts
santé se seraient élevés à au moins 140
millions de dollars en 2004 et auraient pu ainsi avoir une incidence
négative sur le financement d'autres services publics.
En outre, en dépit des prêts de démarrage à
rembourser, tous les régimes publics d'assurance du Canada ont
été tenu d'obtenir un renflouement par les contribuables,
soit par injections directes de capitaux soit par le prélèvement
d'impôts spécialisés. Au début de 1976, moins
de deux ans après sa mise en place, l'ICBC a exigé une
hausse de tarif de 25 % et un renflouement de 181 millions de dollars
(627 millions en dollars d'aujourd'hui). Ces sommes n'ont jamais été
remboursées.
MYTHE nº 9 : Les régimes publics d'assurance paient des
dividendes aux titulaires de police. 
FAIT : La SAPM, en 2001, et l'ICBC,
en 2000, ont effectivement payé des dividendes aux titulaires
de police. Cependant, les partisans des régimes publics d'assurance
ont omis de mentionner que la SAPM avait enregistré un déficit
de 97 millions de dollars après distribution de cet excédent
et avait dû transférer 93 millions de dollars de sa réserve
d'excédent de capital pour effacer ce déficit. Cette réserve
a continué de fondre régulièrement, passant de
143 millions en 2001 à 42 millions à la fin de 2003. Des
pressions croissantes sur les réclamations (les coûts liés
aux réclamations ont été de 30 millions de dollars
supérieurs aux prévisions en 2001) et un événement
météorologique extrême pourraient anéantir
très rapidement cette réserve. La SAPM estime qu'une violente
tempête de grêle pourrait faire augmenter les réclamations
de 50 millions de dollars (rapport annuel de 2001).
Dans le cas de l'ICBC , la société a perdu 250 millions
de dollars l'année suivant le versement du dividende. Elle ne
pouvait pas se permettre ce dividende, mais elle l'a versé avant
la tenue d'élections. En contrepartie de leur dividende individuel
de 100 $, les conducteurs ont eu droit à hausse en double de
leur franchise et à une augmentation de leur prime, sans compter
que bon nombre d'entre eux ont été transférés
dans des territoires tarifaires plus coûteux. Pour payer cette
largesse, l'ICBC a dû puiser dans ses réserves qui sont
aujourd'hui à un niveau dangereusement bas. Ce dangereux «
dividende », motivé par des impératifs politiques,
est un exemple parfait des travers possibles d'un régime public
d'assurance, et non de ses avantages. Ce n'est pas comme cela qu'on
dirige une entreprise.
Pour terminer, les dividendes ne sont pas l'apanage unique des régimes
publics d'assurance. Les titulaires de polices souscrites auprès
de sociétés privées d'assurance peuvent également
toucher des dividendes, lorsque la situation financière de la
société le permet, si la société en question
est une mutuelle.
MYTHE nº 10 : Les régimes publics d'assurance permettent
de rendre les routes plus sécuritaires.

FAIT : Ce n'est pas du tout le cas
en Colombie-Britannique. Selon les estimations, l'incidence des conducteurs
non assurés dans cette province est à peu près
identique à ce qu'elle est dans d'autres provinces. En fait,
les données/estimations des ministères du transport provinciaux
indiquent que l'incidence des conducteurs non assurés est plus
faible en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick qu'en Colombie-Britannique.
Le ministère du transport de la Colombie-Britannique a déclaré
que 65 % des personnes non autorisées à conduire en C.-B.
continuent de conduire sans assurance. À elle seule, cette statistique
signifie qu'au moins 10 000 conducteurs non assurés sillonnent
les routes de la C.-B.
Par ailleurs, au Nouveau-Brunswick, le taux de blessures subies à
bord d'un véhicule automobile est inférieur à la
moyenne nationale. Pour sa part, la C.-B. excède largement la
moyenne nationale au chapitre des taux de morbidité et de mortalité
attribuables aux accidents de voitures. Un régime public d'assurance
ne rend pas les routes plus sécuritaires.
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