
Palmarès des dix crimes d'assurance de 20051. Trop de représentationsSon jeu d'acteur était relativement bon et il réalisait lui-même les cascades, mais son interprétation a fini par lui mériter une très mauvaise critique. Le jeu de l'homme était simple et convaincant. Il se tenait dans un terrain de stationnement jusqu'à ce qu'il aperçoive une femme ou un aîné sortant d'une place de stationnement en reculant. Il s'élançait ensuite derrière la voiture, donnait un coup de poing sur le coffre, puis se laissait choir sur le sol, feignant de souffrir de douleurs. Comme, au début, plusieurs assureurs consentaient à régler la réclamation, il s'est mis à répéter ses prestations aux deux semaines. Il a ainsi monté onze spectacles au total avant qu'un expert en sinistres vigilant ne s'aperçoive de son petit manège. Au terme de l'enquête, c'est devant les tribunaux qu'il a dû présenter sa prestation suivante, qui lui a valu une mauvaise critique et l'obligation de rembourser ses victimes. Sa carrière d'acteur est terminée. 2. Expédition pirateLes voitures volées comptent parmi les biens d'exportation qui connaissent la croissance la plus rapide au Canada. Chaque année, on estime qu'environ 20 000 d'entre elles sont chargées dans des conteneurs et expédiées à l'étranger. Un escroc a pensé pouvoir s'enrichir aux deux extrémités de ce commerce illicite. Tout d'abord, il s'est arrangé pour exporter son véhicule neuf haut de gamme dans son pays d'origine, en Europe. Quatre-vingt-dix jours plus tard, il a présenté une réclamation d'assurance au Canada, prétendant que sa voiture avait été volée. Le problème, c'est que sa voiture avait déjà été saisie dans un port de Belgique avec deux autres voitures volées au Canada et trouvées dans le même conteneur. La soumission d'un rapport concernant le vol d'un véhicule qui avait déjà passé des semaines en fourrière en Belgique a naturellement éveillé les soupçons des enquêteurs. Ils se sont demandés pourquoi il avait mis tant de temps à se rendre compte de la disparition de sa voiture. L'assureur aussi. Demande refusée. 3. Accrochage frauduleuxSelon l'homme, les dommages à sa voiture paraissaient relativement mineurs. Il avait accidentellement égratigné le panneau latéral avant gauche de sa voiture en sortant d'une place de stationnement. Il a donc été estomaqué de voir l'exorbitante facture et liste de pièces de remplacement – dont une calandre avant et un système de refroidissement neufs – que l'atelier de carrosserie envoyait à la société d'assurance. Quelque chose clochait, l'assureur en convenait. Au cours de l'enquête, un évaluateur consciencieux a découvert que les pièces endommagées que les employés de l'atelier de carrosserie soutenaient avoir retirées de la voiture de l'homme provenaient en fait d'un autre véhicule. Fricoter avec les pièces d'une voiture appartenant à autrui risque de se retourner contre soi. L'atelier de carrosserie fait actuellement l'objet d'une enquête policière. 4. Le roi de la cannibalisationL'homme était fortuné. Lorsque les enquêteurs d'assurance et la police se sont mis à examiner de près ses activités de concession d'automobiles et de carrosserie, il était facile de comprendre pourquoi. Il exploitait deux ateliers de cannibalisation prospères – garages illégaux au sein desquels des voitures volées sont démontées en vue de la revente des pièces – et possédait une importante entreprise parallèle d'altération de numéros d’identification de véhicule. Au moment de la descente, la police a saisi 40 véhicules volés d'une valeur marchande totale de un million de dollars. En fait, l'affaire avait une ampleur telle que le procès a duré 119 jours et fait intervenir 190 témoins. Lorsque le maillet a résonné, le roi de la cannibalisation a été déchu de son trône, envoyé derrière les barreaux pour servir une peine de six ans d'emprisonnement et condamné à payer une amende de 774 000 $. En prononçant la sentence, le juge s'est reporté à une étude commandée par le BAC sur les coûts sociaux du vol de voitures et a déclaré qu'il s'agissait effectivement d'un crime coûteux pour tous les Canadiens. 5. Complot dans le champTout a commencé par une simple réclamation d'assurance pour vol de voiture. L'homme a déclaré que sa camionnette haut de gamme avait été volée et a perçu 68 000 $ de son assureur. Quelques mois plus tard, des enquêteurs d'assurance ont reçu un tuyau qui les a menés à une ferme agricole appartenant à la mère de l'homme. Là, en plein milieu d'un champ, ils ont découvert la camionnette – ou plutôt ce qu'il en restait. L'homme en vendait les pièces une à une. Les roues étaient déjà envolées, tout comme une série d'autres pièces. Les enquêteurs ont saisi les restants, l'assureur a engagé des poursuites et l'homme a été accusé de méfait public, de fraude et d'obstruction au travail d'un policier. 6. Blessures fantômesLes « victimes » ne se trouvaient même pas dans la voiture au moment de la collision, ce qui ne les a pas empêché de réclamer des indemnités pour dommages corporels totalisant plus de 200 000 $. Il s'avère que les fraudeurs avaient reçu une formation d'un spécialiste. Un technicien juridique les avait recrutés et incités à emprunter le sentier du crime. Ils ont été dirigés vers une clinique – participant également à l'arnaque – à des fins d'évaluation et de traitement de blessures qui n'existaient pas, puis les demandes d'indemnités ont été présentées. Tout marchait comme sur des roulettes, jusqu'au jour où l'une des « victimes » ne décide de dévoiler la vérité. En bout de ligne, la seule collision qui ait vraiment eu lieu est celle du complot qui s'est heurté à du solide. 7. Trop beau pour être vraiPour les propriétaires de voiture qui désiraient conclure une bonne affaire en matière d'assurance, il s'agissait d'une belle occasion. Les vendeurs de quelques concessionnaires de voitures et d'autres entreprises leur offraient un rabais d'assurance. Ils leur facturaient 500 $ – en commission « d'intermédiaire » ou de « consultation » – pour organiser la souscription d'une assurance auprès d'un courtier qui, prétendaient-ils, allaient leur faire épargner beaucoup d'argent au chapitre des primes. Les arnaqueurs inscrivaient intentionnellement des renseignements fictifs sur les propositions afin que les clients soient classés dans un groupe à tarif inférieur. Cependant, comme la souscription des contrats d'assurance était fondée sur des allégations mensongères, ces derniers n'étaient pas valides. Le BAC a reçu un tuyau qui a conduit à la découverte et au démantèlement de cette escroquerie qui a mis en cause des centaines de contrats ainsi que des commissions d'intermédiaire d'environ un million de dollars. La société d'assurance a depuis offert de nouvelles polices, fondées sur des renseignements exacts, aux clients lésés. 8. L'obstination ne paie pasLa chef du réseau n'avait pas à s'éloigner beaucoup de chez elle pour trouver des recrues pour son gang de criminels. Au début, elle a persuadé des amis et des membres de sa famille à se joindre à elle pour organiser des accidents truqués et présenter de fausses demandes d'indemnités. Comme les affaires étaient bonnes, elle a décidé de prendre de l'expansion en sollicitant la participation de ses voisins. Certains d'entre eux ont accepté son offre de passe d'argent rapide et malhonnête, mais comme son avidité ne cessait de grandir, elle avait besoin de plus en plus de recrues. Elle a fini par être tellement désespérée qu'elle s'est mise à harceler inlassablement des voisins qui avaient déjà opposé un refus à son offre. Finalement, quelqu'un s'est fâché et a décidé d'enregistrer son boniment à son insu. Peu de temps après, c'est une toute autre chanson qu'elle a chanté à la police et aux avocats de la Couronne. 9. Travailleurs invisiblesLes enquêteurs avaient noté que les employés d'une entreprise particulière semblaient très malchanceux. Bon nombre d'entre eux avaient été impliqués dans des accidents de voitures et demandé des indemnités pour blessures corporelles. Lorsque la longue liste de ses infortunés travailleurs lui a été présentée, le propriétaire de l'entreprise est tombé des nues. C'est alors que l'escroquerie a commencé à s'éclaircir. Après avoir passé la liste des noms en revue, le propriétaire a déclaré qu'aucune de ces personnes n'avait déjà travaillé pour lui. En fait, il n'avait jamais entendu parlé d'elles. Il s'est avéré qu'un technicien juridique véreux était à la tête d'un réseau d'accidents truqués. Pour gonfler les indemnités de ses « victimes » il avait contrefait leurs formulaires d'emploi. Ce technicien n'a maintenant plus d'emploi, lui non plus. 10. Un très mauvais conseilUn homme blessé dans une collision de voitures a décidé de solliciter les conseils et l'aide juridiques bon marché d'un technicien juridique. Manifestement, il en a eu pour son argent. Le technicien juridique lui a fait signer une pile de formulaires juridiques sans lui expliquer la nature de ceux-ci et, dans un même temps, lui a assuré qu'il s'occuperait de lui. À l'insu du client, le technicien s'est présenté à la société d'assurance pour négocier en son nom, puis a contrefait sa signature sur le chèque obtenu avant de l'encaisser. Lorsqu'il a été confronté avec le client, le technicien juridique a nié sans vergogne tout acte répréhensible. Il a continué à nier pendant son procès et même après sa condamnation. |
||||
|
||||